Qualité des soins (in Tribune de Genève - J.P. Grillet / D.Châtelain)

Tribune de Genève, tdg.ch
Vendredi, 7 décembre 2012

Lettre du jour

 

Genève, 4 décembre.   La Suisse est reconnue depuis plusieurs décennies pour la qualité des soins qu’elle apporte à sa population. Cette qualité vient en bonne partie d’un système d’enseignement qui fait que les médecins passent, après l’obtention de leur diplôme fédéral, par de nombreux postes intra et extrahospitaliers (plus de 8 ans en moyenne). On commence ainsi par être médecin assistant, position dans laquelle tous les gestes et réflexions sont surveillés et évalués par des aînés très expérimentés qui forment ces jeunes médecins. Un hôpital ne peut donc bien fonctionner et apporter des soins de grande qualité que s’il a parmi ses médecins des cadres de grande valeur, rodés aux situations les plus complexes.
Et quand il a l’expérience suffisante, le médecin s’installe dans son propre cabinet, non sans avoir auparavant complété un catalogue de formation devenu très complet et passé un examen de spécialiste très difficile. C’est ainsi pour tous les médecins formés en Suisse, y compris les généralistes.
Or la réintroduction du moratoire risque de diminuer drastiquement la qualité des soins dans les hôpitaux et à plus long terme dans les soins ambulatoires. En effet, si les médecins bien formés et expérimentés quittent prématurément les hôpitaux, qui va encadrer les jeunes? Ceux-ci seront ainsi moins bien formés et formeront à leur tour moins bien les générations suivantes.
Le moratoire, introduit de façon irréfléchie, conduit donc à une baisse de qualité désastreuse. Il fallait y réfléchir avant de l’abolir et avoir compris ce qui allait se passer, (et qui était largement prévisible): une augmentation incontrôlable des demandes d’installation.
Dr Jean-Pierre Grillet et Dr Didier Châtelain

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